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Eternité

Il y a bien longtemps de cela, sur un autre chemin, dans une autre vie, j’ai fait ta connaissance, je t’ai appréciée, je t’ai admirée, je t’ai aimée et adulée. Puis la nuit a déposé sur mes yeux son voile obscure et ténébreux. Doucement ton image s’est effacée, tes traits j’ai oubliés, ton existence j’ai niée.

Quand je me suis réveillée à nouveau, j’étais une autre. Femme fragile, docile, timide, mais aveuglée par cette lumière d’un autre temps, je ne te voyais plus.

Puis vinrent quelques mirages, quelques réminiscences joyeuses que je m’empressais de remiser au plus profond de mon être, guidée par ce que je croyais être la vérité. Cette vérité tronquée assombrissait ma vie, m’empêchait de laisser la clarté noyer mon désespoir. L’obscurité que je m’étais imposée était telle que je ne pouvais, que je ne voulais pas voir les signes que m’adressaient les anciens, mes ancêtres, mes chers Êtres de Lumière. Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Les mois, les saisons, les années se sont écoulées comme autant de grains de sable dans le sablier du temps, celui de ma vie.

Comme un prisonnier décompte chaque jour son temps de captivité, je vivais chaque instant comme un de moins dans ma paisible existence. Acteur involontaire d’un film en attendant l’inévitable générique de fin, jusqu’à ce début d’automne, celui de ma vie comme celui de l’année, où l’épais rideau de velours noir s’est levé sur mon obscurantisme persistant. Les premiers rayons de lumière ont pénétré mon intérieur, l’ont réchauffé d’un amour sécurisant, m’ont fait renaître dans cet être que je n’étais plus, dans cette autre que j’étais devenue.

Jour après jour, j’ai retrouvé la vue, guidée par cette douce lumière que tu m’envoyais. Tout m’est apparu beaucoup plus doux, beaucoup plus beau : la lumière, le soleil qui se lève, les chants des oiseaux au réveil, un papillon qui se pose délicatement sur ma main, le parfum subtil des fleurs que la rosée du matin enivre, une herbe joyeuse sortie du goudron, les bourgeons qui s’ouvrent jour après jour, un sourire, un baiser déposé sur ma joue, sur mon cou. Tout ce que je ne voyais plus et qui reprenait vie et corps alors que je sortais d’un sommeil profond et puissant.

Aujourd’hui, chaque minute qui passe, n’est pas une minute de moins dans l’horloge de ma vie mais bien une minute de plus que l’on m’a offerte et qui va me permettre de voir plus haut, plus loin, et d’être moi-même. Je ne crains plus le mal et la méchanceté de ceux que je croise et que je laisse sur le côté de mon chemin. Je fais de l’amour mon unique carburant pour avancer à mon rythme et éclairer le chemin que je partage avec ceux que j’aime.

Je suis venue, j’ai vu et maintenant je vis !

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